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L'Institut universitaire en santé mentale de Québecaide les adultes atteints de maladie mentale à se rétablir et à s’intégrer en société.


Jeudi 29 mars 2012 - Vendredi 30 mars 2012

Programme préliminaire

Inscriptions / 7 h 15 à 9 h

Mot de bienvenue / 8 h 45 à 9 h

Mot de bienvenue du Dr Simon Racine, directeur général de l'Institut

Ouverture officielle du Colloque par le Dr Philippe Baruch, psychiatre et président du Colloque.

Conférence / 9 h à 10 h

Conférence d’ouverture de Madame Sylvie Fréchette, double médaillée olympique et conférencière

Pause / 10 h à 10 h 30

Forums / 10 h 30 à 12 h

Chaque Forum permet aux conférenciers de présenter leur approche. L’accent sera mis sur la réflexion et le débat d’idées; débat mené avec les présentateurs mais aussi et surtout avec l’ensemble des participants.

Forum 1 - Pour et vers une détection plus précoce des psychoses : De la recherche aux soins

Animateurs:

  • Dr Michel Maziade, directeur de la recherche au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Dre Anne-Pierre  Bouffard, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Dr Roch-Hugo Bouchard, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Mme Caroline Duval, adjointe clinique en santé mentale au CSSS Québec-Nord

Forum 2 - Dépendances et troubles psychiatriques chez les jeunes adultes : enjeux cliniques et organisationnels

Animateurs: 

  •  Dre Karine Paquet, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec
  •  Mme Louise Nadeau, professeure titulaire en psychologie à l’Université de Montréal
  • Dre Florence Chanut, psychiatre au CHUM, Hôpital St-Luc

Dîner / 12 h à 13 h 15

Allocutions / 13 h 15 à 13 h 55

Allocution du Dr Yves Bolduc, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Allocution du Dr André Delorme, directeur national de la santé mentale au MSSS
Le Plan d’action en santé mentale

Communications / 14h à 15h30

Vous devez choisir l'un des 10 blocs

Bloc 1 - Services de soutien

Le soutien aux études de jeunes collégiens ayant un problème de santé mentale ou un trouble mental

  • Myreille St-Onge, professeure et chercheure, Université Laval 

L’objectif de la présentation est d’exposer les résultats d’une étude panquébécoise sur le soutien aux études de collégiens ayant un problème de santé mentale (PSM) ou un trouble mental (TM). 

La méthode : Cette recherche, financée par le MELS, a été réalisée auprès d’un échantillon stratifié représentatif de l’ensemble des cégeps de la province, selon le milieu géographique (rural, urbain), la taille des cégeps (petite, moyenne, grande) et le ratio élèves/ressources disponibles pour leur venir en aide.

Trois phases ont été réalisées : la première auprès de répondantes aux services d’intégration des élèves et de psychologues ou autres professionnels de la relation d’aide (n = 35), la deuxième auprès du personnel enseignant (n = 373) et enfin auprès de 152 élèves ayant un PSM ou un TM diagnostiqué. Les résultats à cette troisième phase seront présentés en fonction des caractéristiques de ces jeunes : sexe, âge, diagnostic, prise de médication, leurs besoins de soutien par rapport à leur PSM ou TM, les mesures de soutien offertes par le service d’intégration aux élèves, la perception du caractère aidant de ces mesures, le soutien offert par leurs professeurs, le degré de connaissance et d’utilisation des ressources disponibles au cégep, les services utilisés à l’externe, les attitudes par rapport à leurs difficultés qui peuvent influencer la réussite de leurs études.

Des analyses de variance effectuées en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques (sexe, âge, emploi, diagnostic, cohabitation avec les parents) et scolaires (retour aux études, durée dans le programme, type de programme d’études et le nombre d’années de fréquentation du cégep) seront également présentées.

À la suite de cette vaste étude, des suggestions de pistes d’amélioration ont été faites au MELS en vue de bonifier l’aide à offrir aux collégiens qui présentent un PSM ou un TM. Un survol de ces suggestions sera présenté.

Pour soutenir les membres de l'entourage des jeunes adultes atteint de maladie mentale

  • Karl Johnson, agent de planification, programmation et recherche,  Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Noémie Trottier, agente de planification, programmation et recherche,  Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Hélène Fradet, directrice générale,  Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale 
  • Sylvie Vaillancourt, coordonnatrice du programme de psychiatrie,  Centre hospitalier affilié 
  • Marie Péloquin, travailleuse sociale, Centre hospitalier universitaire de Québec 

Présentation d'un projet pour les membres de l'entourage qui a une maladie mentale. Lorsqu'un jeune adulte est atteint d'une maladie mentale, tous les membres de l'entourage peuvent être ébranlés. Ces derniers ne savent pas toujours à qui s'adresser ou ne connaissent pas les ressources mises à leur disposition pour les soutenir à travers cette nouvelle réalité. Leur contribution auprès de la personne malade passe souvent sous silence et ils ne se sentent pas toujours considérés par les équipes traitantes. En ce sens, un guide d'information et de soutien pour les membres de l'entourage a été créé.

Au-delà du contenu informatif, dont l'objectif est d'outiller ces personnes, l'ouvrage vise à favoriser et à maintenir la communication essentielle entre la personne atteinte d'une maladie mentale, les membres significatifs de son entourage et l'équipe traitante. Un signet, s'adressant aux intervenants en santé mentale, démontrant en quoi les membres de l'entourage sont des acteurs clés dans le rétablissement de leur proche atteint de maladie mentale sera transmis à des professionnels oeuvrant dans le domaine de la santé mentale, qui sont membres de différents ordres et associations.

C'est suite à la rédaction d'un rapport sur l'évaluation de la satisfaction des familles et des proches en 2009, que l'Institut universitaire en santé mentale de Québec a produit tout d'abord le Guide d'information et de soutien.

Pour réaliser ce projet à l'échelle provinciale, d'autres partenaires se sont joints au comité, à savoir le MSSS, la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM), la fondation du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et la fondation du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA). 

Services à la famille / Clinique des Premiers épisodes psychotiques Hôpital Louis-H. Lafontaine

  • Geneviève Parent, travailleuse sociale, Clinique de Premiers épisodes psychotiques, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Sophie Mongeon, travailleuse sociale, Clinique des Premiers épisodes psychotiques, Hôpital Louis-H. Lafontaine 

La psychose arrive comme un drame dans une famille, une rupture avec le fonctionnement normal d’un système. Il est bien documenté dans la littérature que le support des proches se retrouve parmi les facteurs de meilleur pronostic lors des premiers épisodes psychotiques. C’est donc dans cet esprit que nous avons mis l’emphase sur les services à la famille à la Clinique des Premiers épisodes psychotiques de Louis-H. Lafontaine.

Ces services se subdivisent en trois sous-catégories, soit les groupes de parents fermés offrant de la thérapie cognitivo-comportementale aux proches, un groupe psycho-éducatif ouvert avec présentations par les psychiatres et divers professionnels de la Clinique des Premiers épisodes psychotiques ainsi qu’un troisième volet qui prend la forme d'un salon des familles avec des capsules offertes pour les proches de patients hospitalisés.

Comme la recherche démontre qu’une intervention rapide (dans un délai de 24 à 48 heures suivant la crise) auprès des proches des clients qui vivent une première psychose agit comme un facteur de bon pronostic, cette présentation portera plus particulièrement sur le salon des familles et les « capsules » que nous offrons en faisant des liens avec la recherche qui appuie ce choix d’intervention. 

Bloc 2 - Complexité et violence

Le groupe thérapeutique pour jeunes adultes présentant une pathologie psychotique complexe : une modalité d’intervention aux avantages multiples.

  • Carine Larose, éducatrice spécialisée, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Cathy Lavoie, éducatrice spécialisée, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Mélissa Langevin, éducatrice spécialisée, Hôpital Louis-H. Lafontaine 

En 2003, l’hôpital Louis-H. Lafontaine mettait sur pieds les unités de traitement et de réadaptation intensive (UTRI), un service clinique surspécialisé s’adressant aux personnes présentant une pathologie psychotique complexe et réfractaire aux traitements habituels.

Aujourd’hui rattachées au programme des troubles psychotiques, les UTRI desservent une population régionale et suprarégionale en provenance des hôpitaux de soins généraux de Montréal et de la montérégie. En constante évolution, la programmation clinique doit s’adapter aux besoins et particularités du profil de la clientèle qui, depuis quelques années, est constituée d’une proportion croissante de jeunes adultes.

La présente communication a pour objectif de présenter les activités thérapeutiques de groupe qui sont mises en œuvre en UTRI, notamment pour des jeunes adultes ayant un trouble psychotique dont l’intensité des besoins dépasse la capacité des services offerts en communauté. Ces activités de groupe concernent principalement la toxicomanie, la motivation, l’éducation, l’observance au traitement et l’image de soi. En partageant l’expérience acquise, nous souhaitons susciter l’intérêt au travail de groupe, une modalité d’intervention aux avantages multiples. 

La violence à l'adolescence ou l'agir comme symptôme

  • Olivia Quetier, psychologue clinicienne, Protection judiciaire de la jeunesse, doctorante à l'université Paris 8

Les sujets posant des actes violents disent ressentir avant de frapper des sensations physiques toujours identiques. Ils savent que ces sensations précèdent toujours cette violence qui fait disparaître ces éprouvés corporels. Notre recherche traite à la fois la place de ces sensations dans la montée de la violence, de ce qui les déclenche et de ce qui dans la construction psychique du sujet a rendu nécessaire cette réaction dans la rencontre à autrui.

La question du corps du sujet violent se pose tout naturellement puisqu’il met celui-ci à l’épreuve de l’autre. De plus ces adolescents manifestant de la violence sur la scène sociale ont vécu dans un environnement empreint de violence, alternant proximité et rejet.

Lorsqu’ils évoquent leur violence, ils expliquent que quelques secondes avant d’agir, ils ressentent des sensations dans leur corps de type chaleur, tremblements, sensation d’étouffer… Ces sensations cessent dès lors que les coups partent sur autrui.

Nous posons trois hypothèses : Ces sensations sont en lien à un vécu précoce lié à une violence vécue, le sujet revit dans son corps des éprouvés précoces, il est apaisé momentanément par la violence agie.

Notre recherche traite des déclencheurs des conduites violentes. Notre échantillon est composé de sujets âgés de 13 à 19 ans ayant commis plusieurs actes de violence grave pour lesquels le juge les a sommé de rencontrer un thérapeute. Nous nous basons sur des entretiens semi-directifs, sur l’analyse des protocoles des tests projectifs (Rorschach et TAT) et sur le test du bonhomme.

Cette recherche a pour objectif de mieux connaître le mécanisme de la violence. Elle a en particulier pour objet de saisir avec précision les déclencheurs de la violence. La connaissance de ces éprouvés corporels précédant la violence et de leur source permettra de mettre en place une action de prévention auprès de cette population et de penser l’action thérapeutique.

Cette recherche nous permet de questionner sur le plan théorique la question de la psychopathie et du lien des agirs violents à l’image du corps et au vécu corporel. 

Développer et installer les émotions positives par la thérapie EMDR pour traiter les traumatismes complexes

  • Isabelle April Pronovost, sexologue clinicienne et psychothérapeute, Institut universitaire en santé mentale de Québec

Les traumatismes d’enfance tels que la négligence, la violence psychologique, physique et sexuelle laissent une empreinte dans le cerveau, entraînant par la suite des réactions physiologiques et émotionnelles mal adaptées à l’âge adulte. Ces stress perturbent le fonctionnement optimal chez la personne et peuvent se manifester par différents troubles de l’humeur comme l’anxiété, l’angoisse, la dépression, les troubles du sommeil, de l’alimentation, les dépendances, les troubles relationnels et sexuels.

Initialement un sujet de controverse, la thérapie EMDR (Eye Mouvement, Desensitization and Reprocessing) de Francine Shapiro, est maintenant une approche de traitement reconnue et acceptée par l’APA (American Psychiatric Association), le département de la défense américaine ainsi que par d’autres autorités au fur et à mesure que des études démontrent son efficacité dans le traitement des traumatismes. La durée du traitement varie considérablement en fonction des ressources de la personne.

Les personnes présentant des troubles de l’attachement sont difficiles à traiter par tous types d’approche thérapeutique. Le recours à la thérapie EMDR avec cette clientèle se complique par l’absence de souvenirs spécifiques du traumatisme à une période préverbale et la nature envahissante de la douleur que les jeunes enfants vivent lorsqu’ils sont abusés ou négligés.

La thérapie EMDR peu aider ces adultes qui souffrent. Par contre, une étape préalable à la résolution des traumatismes, appelée le développement et l’installation des ressources, est nécessaire afin de créer une représentation interne de la sécurité, de l’amour et du réconfort. Cette présentation vise à expliquer comment les différentes étapes de la thérapie EMDR peuvent soulager des maux émotionnels et physiques des personnes vulnérables. 

Bloc 3 - Interventions novatrices

Un programme novateur de réhabilitation sociale par les arts de la scène : L’espace de transition.

  • Patricia Garel, pédopsychiatre, CHU Ste-Justine
  • Kim Archambault, psychoéducatrice, Université de Montréal 
  • Sylvie Gauthier, psychoéducatrice, CHU Ste-Justine
  • Fred Teyssier, metteur en scène, coach, pédagogue

But : Le programme Espace de Transition a été conçu pour faciliter le retour à la vie normale de jeunes entre 14 et 25 ans présentant un trouble psychiatrique sévère (trouble bipolaire, schizophrénie, trouble de personnalité…) stabilisé par le traitement. La phase critique de réinsertion sociale est un défi majeur pour ces patients qui ont perdu confiance dans leurs capacités.

Méthode et analyse : Une revue de littérature associée à l’expérience clinique ont permis de définir un cadre conceptuel basé sur une série d’ateliers 2 soirs par semaine pendant 12 semaines offerts gratuitement à un groupe mixte de 15 jeunes entre 14 et 25 ans, associant des jeunes patients (10) et des jeunes ne présentant pas de difficultés particulières (5).

Deux artistes (comédien et acrobate de cirque) accompagnent le groupe jusqu’au spectacle final qui est élaboré par les jeunes avec l’aide des artistes qui ne connaissent pas leurs difficultés spécifiques : chaque jeune est considéré selon ses talents et non selon son diagnostic; cet aspect d’anonymat est un facteur important de la dynamique du groupe.

Les ateliers associent exercices individuels et collectifs et progressent au rythme de la confiance mutuelle établie au sein du groupe. Une psycho éducatrice est présente pour faciliter le bon déroulement des ateliers et garantir le filet de sécurité nécessaire. Elle est en lien avec les équipes traitantes de chaque patient.

Résultats : 5 groupes ont déjà participé au programme. Les résultats cliniques sont impressionnants en termes de développement individuel, de confiance en soi et de déstigmatisation. Un projet de recherche évaluative a d’emblée été mis en place avec le département de psychoéducation de l’UdM (Archambault et al., 2011, même colloque).

Discussion et conclusion : Ce type de projet mené en partenariat avec les milieux artistiques et communautaires (YWCA) en dehors des structures traditionnelles permet de changer le regard de ces jeunes sur eux-mêmes. La redécouverte de leur potentiel créatif est un premier pas essentiel à un retour dans la société.

NB/ Madame Kim Archambault doit aussi soumettre sa communication sur le même sujet.

Évaluation d’un programme novateur de soutien aux jeunes présentant un trouble psychiatrique stabilisé par les arts de la scène : Espace de Transition

  • Kim Archambault, psychoéducatrice et étudiante au PhD, Université de Montréal 
  • Patricia Garel, psychiatre, CHU Ste-Justine
  • Isabelle Archambault, professeure, École de psychoéducation, Université de Montréal 
  • Sarah Dufour, professeure, École de psychoéducation, Université de Montréal 
  • Sylvie Gauthier, psychoéducatrice, Département de psychiatrie, CHU Ste-Justine

Cette présentation décrit la méthodologie et les résultats préliminaires de l’évaluation d’une intervention novatrice de soutien aux adolescents et aux jeunes adultes présentant un trouble psychiatrique stabilisé, soit le programme Espace de Transition (Garel et al., 2011, même colloque).

Les objectifs de l’évaluation sont:

  1. de décrire exhaustivement l’implantation du programme,
  2.  d’évaluer son efficacité et 
  3. d’explorer les processus pouvant sous-tendre ses effets observés. 

L’évaluation du programme Espace de Transition a été réalisée par des chercheurs indépendants et repose sur l’utilisation d’un devis mixte et d’une approche collaborative (Patton, 2002). Des données quantitatives et qualitatives ont été recueillies auprès de tous les participants au programme (N= 26), de même qu’auprès des deux animateurs des ateliers, de la psychoéducatrice responsable du soutien clinique, ainsi que des psychiatres et autres intervenants ayant référé des participants au programme (N=11).

Des entrevues semi-structurées individuelles et de groupe, des observations directes et des questionnaires validés ont été utilisés pour documenter l’implantation du programme, évaluer ses effets et explorer ses mécanismes d’action potentiels. Un plan de recherche à mesures répétées a été préconisé, des données ayant été recueillies avant, pendant et après le programme.

Les analyses quantitatives (statistiques descriptives et ANOVAs) et qualitatives (analyses thématiques et études de cas) ont été réalisées séparément. Suivant une méthode mixte de triangulation-convergence (Creswell & Plano Clark, 2007), les résultats de ces analyses parallèles ont ensuite été comparés et contrastés afin de favoriser la richesse et la validité des conclusions de l’évaluation.

Des résultats préliminaires sont présentés et discutés avec une attention particulière accordées aux mécanismes d’actions hypothétiques du programme et à d’éventuelles pistes d’amélioration. Des leçons à portée plus générale sont également discutées en regard de l’offre de soins et services pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale. 

L’activité physique comme intervention auprès de jeunes patients ayant la schizophrénie et une toxicomanie co-occurrente : un projet pilote.

  • Stéphane Potvin, chercheur adjoint, Université de Montréal 
  • Gabriel Henri, kinésiologue, Hôpital Louis-H. Lafontaine 

Une littérature abondante démontre que l’activité physique produit des bienfaits sur la santé physique, en diminuant, entre autres, le risque de développer des problèmes cardiovasculaires. En santé mentale, on en sait relativement peu quant aux bienfaits potentiels de l’activité physique. Il y a toutefois de plus en plus d’évidences suggérant que l’activité physique serait efficace dans le traitement de la dépression majeure.

Des évidences préliminaires suggèrent que l’activité physique aurait aussi des bénéfices sur l’anxiété, et plus récemment, des groupes ont avancé que l’activité physique pourrait aider les gens aux prises avec des problèmes de consommation. Dans la schizophrénie, les études qui ont été réalisées à ce jour n’ont pas démontré d’effets concluants de l’exercice physique sur les symptômes clés de la maladie, soit les symptômes positifs (délires, hallucinations, etc.) et négatifs (anhédonie, émoussement de l’affect, etc.). On sait, toutefois, que les personnes atteintes de la schizophrénie sont plus à risque que la population générale d’éprouver de la dépression, de l’anxiété, des problèmes de consommation, et une panoplie de problèmes de santé, à commencer par les désordres métaboliques.

Sans avoir d’impacts directs sur les symptômes clés de la schizophrénie, l’activité physique pourrait produire des bienfaits sur toute une série de problèmes associés à la schizophrénie. La prévalence à vie de la toxicomanie est élevée dans la schizophrénie, et elle est associée à des ré-hospitalisations, de l’anxiété, de la dépression, de l’agressivité, des problèmes légaux, ainsi que des problèmes d’emploi et de logement.

Les meilleures évidences suggèrent que la base du traitement de la toxicomanie doit reposer sur l’approche motivationnelle, mais l’efficacité de cette approche est toutefois limitée. Le traitement de la toxicomanie dans la schizophrénie est une source quotidienne de frustration chez les cliniciens et cliniciennes.

Récemment, un groupe de clinicien(ne)s, en collaboration avec Stéphane Potvin, chercheur, ont amorcé une étude pilote dans laquelle des patients ayant la schizophrénie et une toxicomanie co-occurrente sont invités à recevoir une intervention jumelant des entrevues motivationnelles et un programme d’activité physique.

Cette étude est la première à explorer l’utilité potentielle de l’activité physique en vue d’améliorer la motivation au changement auprès d’une population qui parvient difficilement à se défaire de ses habitudes de consommation. 

Bloc 4 - Psycho-pharmacologie

L’implication des pharmaciennes cliniciennes dans les ressources externes spécialisées de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec

  • Marie-France Demers, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Esthel Malenfant, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Nathalie Dion, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec 

Le rôle du pharmacien d’établissement de santé évolue, particulièrement dans le contexte des programmes spécialisés de suivi externe des personnes traitées à l’IUSMQ, notamment à la Clinique Notre-Dame des Victoires, au Centre de traitement et de réadaptation de Nemours et au STRATA. À notre connaissance, cette implication unique représente un modèle de pratique novateur pour la profession de pharmacien, à mi-chemin entre les rôles traditionnels du milieu communautaire et ceux de la pratique hospitalière.

Dans cet atelier, nous tenterons d’en décrire les principaux rouages et en dégagerons les pistes de développement. Évaluer de façon plus systématique les traitements pharmacologiques. Un module d’évaluation du traitement pharmacologique développé par les pharmaciennes de l’IUSMQ sera présenté en détail. Il inclut la revue systémique des effets indésirables y compris les effets extrapyramidaux, l’évaluation de l’impression subjective du traitement et l’évaluation globale de l’efficience du traitement.

Cette démarche systématique s’intègre au plan de cheminement clinique des personnes traitées et contribue à l’amélioration de la qualité des soins. Se donner un langage commun autour de l’utilisation des médicaments. Les pharmaciennes ont développé différentes stratégies pour informer les personnes traitées, leurs proches et les intervenants de soins en matière de psychopharmacologie permettant ainsi le développement d’un langage commun autour de l’utilisation des psychotropes.

Un aperçu des différentes stratégies adoptées dans les cliniques spécialisées de l’IUSMQ sera présenté. Une attention particulière sera portée à la formation nécessaire du pharmacien communautaire, qui souvent, devient l’extension de l’équipe traitante dans la communauté. Des exemples de collaboration et de liaison illustreront ce propos.

Plus de 400 personnes atteintes à travers ces trois programmes de l’IUSMQ peuvent compter sur l’expertise spécialisée de pharmaciennes cliniciennes intégrées aux équipes de soins externes. Ces prestations de soins pharmaceutiques innovantes méritent d’être davantage développées et peuvent sans doute inspirer de nouvelles pratiques dans d’autres milieux.

Étude prospective ouverte, non randomisée de phase IIIB visant à évaluer les avantages d’un changement vers la quétiapine XR chez des personnes atteintes de schizophrénie et d’une co-morbidité anxieuse

  • Marie-France Demers, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Roch-Hugo Bouchard, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Diana Pasat, infirmière de recherche,
  • Marc-andré Roy, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec 

Cette étude est menée pour déterminer si la quétiapine XR peut offrir des avantages aux personnes atteintes de schizophrénie souffrant aussi d’un trouble anxieux. Quarante personnes seront recrutées dans cet essai ouvert, d’une durée de 6 mois.

Pour être éligibles, outre les diagnostics de schizophrénie et de trouble anxieux tels que définis dans le DSM-IV, les participants devront recevoir au préalable un traitement antipsychotique en monothérapie, ne pas recevoir de doses variables d’antidépresseurs ni d’anxiolytiques, ne pas souffrir de désordres métaboliques au moment d’entrer dans l’étude et être en mesure de comprendre les directives inhérentes au bon déroulement de l’étude. Une fois le consentement éclairé obtenu, les participants verront leur traitement antipsychotique progressivement modifié vers la quétiapine, sur une période maximale de deux semaines.

Les doses de quétiapine au cours de l’étude variront entre 400 et 800mg. Huit visites permettront d’évaluer diverses dimensions cliniques, notamment les aspects anxieux ( Hamilton anxiety scale, Penn State Worry questionnaire, Liebowitz scale, State trait anxiety inventory PANSS, SOFAS) et l’efficience (PANSS, SOFAS, UKU et DAI).

Une analyse intérimaire permet de décrire la population échantillonnée (n=20) : 17/20 sont des hommes, âgés en moyenne de 28 ans. Douze prenaient initialement rispéridone, 4 olanzapine, 1 aripiprazole et 3 ne recevaient aucun antipsychotique au moment d’être inclus dans l’étude. La dose moyenne de quétiapine XR utilisée dans l’étude est de 700mg.

À ce jour, 13 patients ont complété l’étude, 4 la poursuivent. Un patient recruté n’a pu être inclus compte tenu du dépistage d’un diabète lors de sa visite initiale. Deux patients ont été retiré prématurément : l’un parce que sa condition nécessitait une dose supérieure à 800mg/jour et l’autre ayant retiré son consentement. Cette étude, approuvée par le comité d’éthique et de la recherche de l’IUSMQ, se poursuit et ses résultats finaux seront attendus au cours de l’année 2012.

Facteurs psychologiques, technologiques et sociaux qui influencent l’expérience du médicament chez les schizophrènes.

  • Philippe Vincent, pharmacien, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Constantin Tranulis, psychiatre, Hôpital général juif 

Introduction : la non-adhésion au traitement est un problème récurent dans la prise en charge de la schizophrénie. Une étude prospective randomisée fut entreprise pour déterminer si un pilulier intelligent pouvait servir d’aide cognitif et améliorer l’adhésion chez une population de premiers épisodes psychotiques. Un volet qualitatif fut rajouté a postériorité pour identifier les changements dans la relation patient-médicament par l’introduction d’une technologie entre les deux.

Méthode : Quarante-six patients furent randomisés en deux groupes. Dans le premier, les patients ont reçu le pilulier intelligent et un agenda électronique pendant 6 semaines, et dans le deuxième les patients ont reçu le traitement usuel. Pour le volet qualitatif, 15 patients du groupe expérimental furent interviewés avec un questionnaire semi-dirigé inspiré du Illness narratives et du Turning point interview.

Résultat : Le pilulier intelligent indiquait que 50 % des patients furent adhérents à 70%. Il n’y a pas eu de différence sur le questionnaire BARS entre les deux groupes.

Le premier thème identifié avec l’analyse qualitative était la modification de la relation patient-médicament : développement d’habitudes et de motivation dans la gestion des médicaments, motivation à prendre soins de soi, agacement, changement inattendu dans l’heure d’administration, confusion entre bogues et fonction de base.

Le deuxième thème fut les raisons de participation dans l’étude : pour aider l’hôpital, suite à la recommandation du médecin, ou le patient en ressentait le besoin. Le dernier thème identifié fut les effets surmoïques du pilulier : il représente la surveillance, le soutien de la famille, et des fonctions de l’Égo, dont la mémoire.

Discussion : L’adhésion obtenue avec le pilulier intelligent est comparable avec la littérature. Les patients qui ont le plus profité du pilulier intelligent avaient un discours concordant avec le modèle biomédical. Le pilulier intelligent perturbe le sens et les habitudes du médicament en modifiant l’objet géré : le patient ne s’occupe plus du médicament, mais il doit s’occuper du pilulier.

Bloc 5 - Psychose et rétablissement

Identifier et traiter les troubles anxieux chez des personnes présentant une psychose: une nouvelle voie vers le rétablissement?

  • Marc-André Roy, psychiatre, directeur de l'axe de neurosciences cliniques et cognitives, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Roch-Hugo Bouchard, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Marie-France Demers, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Chantal Vallières, Coordonnatrice de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Amélie Achim, Professeure de psychiatrie, Institut universitaire en santé mentale de Québec 

Objectifs :

  1. Présenter les données quant à la prévalence des troubles anxieux chez des personnes souffrant de psychose, tout d'abord dans les études préalablement publiées, puis dans notre propre étude portant chez des personnes en début de traitement.
  2. Faire état des principales données permettant de situer cette co-occurence parmi les autres manifestations des troubles psychotiques. 

Méthodes : nous avons complété une méta-analyse des études publiées qui rapportaient la prévalence des troubles anxieux chez des personnes souffrant de psychoses, récemment publiée dans Schizophrenia Bulletin (Achim et al, 2011). Notre étude actuelle porte sur des personnes en début d'évolution de psychose, utilisant un instrument spécifiquement développé pour ces fins.

Résultats : tant notre méta-analyse que notre propre étude épidémiologique démontrent une prévalence plus élevée des troubles anxieux chez les personnes souffrant de psychose que ce qui est généralement rapporté dans la population générale. De plus, nous avons observé une association entre la présence de troubles anxieux et celle d'un diagnostic d'abus de substances. Nos résultats démontrent que la majorité de ces troubles anxieux sont présents avant l'éclosion de la psychose, et que l'utilisation d'échelles spécialisées (par exemple, Y-BOCS pour les troubles obsessionnels-compulsifs) améliore la sensibilité diagnostique.

Conclusions : nos résultats démontrent une prévalence élevée des troubles anxieux snxieux chez les personnes souffrant de psychose. Leur identification et leur traitement peut contribuer au rétablissement des personnes présentant un diagnostic de psychose. De plus, l'étude de cette co-occurence a un fort potentiel d'éclairer la compréhension des trajectoires menant à l'éclosion de troubles psychotiques.

Cognition sociale et anxiété sociale chez les patients en début d’évolution d’une psychose.

  • Amélie Achim, chercheure, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec

La cognition sociale désigne l’ensemble des processus de traitement de l’information qui permettent de bien comprendre les autres. Les capacités de cognition sociale sont affectées en schizophrénie et ces déficits sont intimement liés aux difficultés de fonctionnement social chez ces patients. Nos études chez des jeunes adultes en début d’évolution d’une psychose montrent que la cognition sociale est affectée dès le début de la maladie.

La cognition sociale peut être décomposée en plusieurs fonctions, et c’est l’aspect mentalisation, qui désigne la capacité à attribuer des états mentaux à une personne dans une situation donnée, qui semble le plus affecté chez ces patients. Nous nous sommes récemment intéressés à la distinction entre les patients en début d’évolution d’une psychose qui présentent ou non comorbidité avec un trouble d’anxiété sociale.

Cette comorbidité est très fréquente en schizophrénie, et nos données suggèrent que si la mentalisation est affectée chez les deux sous-groupes de patients, certaines capacités sous-jacentes comme les connaissances sociales et les capacités générales de raisonnement sont particulièrement affectées chez les patients sans comorbidité d’anxiété sociale, suggérant des bases distinctes à ce même déficit de mentalisation.

Une meilleure compréhension des processus menant aux difficultés de cognition sociale en schizophrénie représente un atout pour guider le traitement en fonction des difficultés spécifiques de ces patients et ainsi optimiser leur fonctionnement social. 

Les habiletés fonctionnelles dans les activités de la vie quotidienne chez des personnes atteintes de schizophrénie et de trouble lié à une substance.

  • Martine Désormeaux-Lefebvre, ergothérapeute, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Isabelle Gélinas, chercheure et professeure, Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain,  Université McGill 
  • Beverlea Tallant, professeure, Université McGill 
  • Nadine Larivière, professeure et chercheure, Université de Sherbrooke,  Centre de recherche Fernand-Séguin 

But : Décrire les habiletés fonctionnelles à l’élaboration d’un budget et à l’épicerie, chez des jeunes adultes atteints de schizophrénie et trouble lié à une substance. Les objectifs secondaires étaient de comparer les difficultés fonctionnelles observées lors des deux activités de la vie quotidienne (AVQ), et examiner l’association entre l’auto-évaluation des participants sur leur rendement occupationnel et leur fonctionnement occupationnel observé dans les deux activités.

Méthode et analyse : Il s’agit d’une étude descriptive exploratoire effectuée auprès de 10 participants de 25 à 35 ans. Les habiletés fonctionnelles ont été évaluées avec le Perceive-Recall-Plan-Perform (PRPP) System of Task Analysis (Chapparo & Ranka, 2006), l’auto-évaluation des participants sur leur rendement a été déterminée à l’aide d’un questionnaire développé par les chercheurs, les habitudes de consommation ont été explorées grâce à l’Indice de Gravité d’une Toxicomanie (McLellan et al., 1989). Les données recueillies ont été analysées avec des statistiques descriptives, le test de Wilcoxon, et le test de Spearman.

Résultats : Les résultats ont démontré une atteinte plus marquée de la planification (56.3% et 60%) lors des deux AVQ, indiquant par exemple des difficultés à établir et suivre un but, reconnaître des obstacles, et établir une séquence à la tâche. Aucune différence significative n’a été observée entre le score global des deux tâches (76.76% vs 78.24%). Une association significative (r = 0.851) a été observée entre le score global du PRPP à l’épicerie et l’auto-évaluation des participants sur leur rendement.

Discussion et conclusion : Cette étude a fait ressortir certaines difficultés fonctionnelles éprouvées par les jeunes adultes atteints de schizophrénie et de trouble lié à une substance dans la communauté. Être à l’affût de ces difficultés peut entraîner une amélioration de nos services offerts, en visant davantage l’apprentissage des habiletés fonctionnelles dans des tâches concrètes de la vie quotidienne, et ce directement dans la communauté. C’est d’ailleurs ce qu’un service comme le Suivi Intensif dans la communauté tente d’offrir.

Bloc 6 - Diagnostic précoce

Mesures électrophysiologiques rétiniennes chez l'enfant à haut risque de développer une maladie psychiatrique.

  • Marc Hébert, chercheur, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Michel Maziade, psychiatre et chercheur, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Chantale Mérette, chercheure, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Anne-Marie Gagné, professionnelle de recherche, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Marc-André Roy, psychiatre et chercheur, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec

But : La rétine de l'oeil représente une fenêtre sur le cerveau. En effet, la rétine fait partie du système nerveux central. Certaines recherches ont indiqué par le passé certaines anomalies au niveau rétinien chez des personnes affectées d'une maladie psychiatrique. Notre but était de vérifier l'existence de telles anomalies chez des enfants non-médicamentés et à haut risque de développer une maladie psychiatrique puisqu'ils font partie de familles densément affectées de ces maladies.

Méthode et analyse : Un électrorétinogramme(ERG) a été produit chez 29 enfants à haut risque (HR) avec une moyenne d'âge de 20.8 SD 4.4 et 29 contrôle avec une moyenne d'âge de 20.6 SD 4.2. Ces enfants HR provenaient de familles densément affectées de schizophrénie ou maladie bipolaire.

Résultats : La réponse ERG des photorécepteurs bâtonnets montre une baisse significative de cette réponse chez les enfants HR par rapport aux contrôles(p < .0001; taille d'effet de -1.47). Cette baisse se situe autour de 20% en moyenne. Nous n'avons retrouvé aucun effet d'âge ou de sexe. Cette anomalie a été observée indépendamment du diagnostic du parent affecté (schizophrénie; p = .007, taille d'effet -1.09; bipolaire: p < .0001, taille d'effet -1.88) et était présente autant chez les jeunes que les plus vieux (taille d'effet de -1.6 et -1.8, respectivement).

Discussion et conclusion : La présence d'une anomalie dans le fonctionnement des photorécepteurs bâtonnets avant l'apparition de la maladie pourrait représenter un biomarqueur spécifique et précoce de la maladie et pourrait être utile d'un point de vue génétique et de prévention.

Trajectoire développementale du « syndrome à risque » des psychoses majeures : Vers un projet de prévention en partenariat entre l’IUSMQ et le CSSS Québec-Nord.

  • Michel Maziade, directeur scientifique, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Caroline Duval, Centre de santé et de services sociaux de Québec-Nord
  • Marie-Josée Levasseur, Centre de santé et de services sociaux de Québec-Nord
  • Éric Genest, Centre de santé et de services sociaux de Québec-Nord
  • Marc Hébert, professeur, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec

Objectif : La forme de la trajectoire développementale des déficits cognitifs et physiologiques précoces prédit-elle mieux le pronostic adulte que le déficit lui-même? Ce paradigme émerge des nouvelles données développementales en psychiatrie. Des dysfonctions neurocognitives et éléctrorétinographiques (ERG, mesure la réponse de la rétine à la lumière) analogues à celles des patients adultes ont été détectées chez des enfants à risque de psychose majeure (Maziade et al. Schizophr Bull 2010 ; PLoS ONE 2011 ; Hébert et al. Biol Psychiatry 2010).

Méthode : Dans 48 grandes familles affectées par la schizophrénie et la maladie bipolaire, suivies depuis 20 ans (n=1500, dont 400 adultes atteints), nous avons sélectionné et évalué avec une batterie neuropsychologique et par éléctrorétinographie 65 jeunes (de 7 à 22 ans) ayant un parent affecté. Leurs trajectoires développementales transversales furent comparées à celles de sujets témoins.

Résultats : Les déficits infantiles observés dans notre étude suivent des trajectoires développementales différentes. Certains déficits (déficit de QI ou diminution de la réponse ERG) sont stables au cours du développement. D’autres déficits apparaissent tardivement, en fin d’adolescence (mémoire de travail). Enfin, certains retards sont suivis par une phase de récupération vers l'âge adulte (mémoire épisodique visuelle).

Conclusion : Nous nous orientons vers la définition d’un « syndrome à risque » partagé par la schizophrénie, la maladie bipolaire et la dépression chez l’enfant dès l'école primaire, basé sur les déficits cognitifs et physiologiques observés et les trajectoires développementales qui leur sont propres. Nos données pavent la voie à un projet de recherche clinique et de prévention pionnier au Canada, en collaboration entre l’Institut universitaire de santé mentale de Québec et le CSSS Québec-Nord : déterminer des cibles cognitives et physiologiques déjà présentes chez des enfants à risque de 6-18 ans et intervenir précocement pour rétablir une trajectoire développementale saine. 

Bloc 7 - Toxicomanie et psychiatrie légale

Sensibilisation à la toxicomanie et comorbidité chez l’adolescent et le jeune adulte.

  • Tiziana Costi, psychologue,  Institut Philippe-Pinel de Montréal

La comorbidité toxicomanie-maladie mentale est une préoccupation importante en santé mentale, autant pour les milieux hospitaliers qu’externes. Lorsque l’aspect dangerosité s’ajoute à cette dyade, les enjeux sont encore plus importants autant dans l’évaluation que l’intervention et le suivi de patients.

L’Institut Philippe-Pinel de Montréal reçoit des patients ayant des problèmes de santé mentale et de violence, qui, pour un grand pourcentage, présentent aussi une problématique de toxicomanie. Conscients de ces enjeux, depuis plusieurs années, des groupes de sensibilisation à la toxicomanie ont été mis sur pied afin d’offrir un service de base à ces patients aux prises avec les trois problématiques. Cela est d’autant plus important auprès des adolescents et jeunes adultes et primordial dans l’intervention. Elle décrira les groupes, le contenu et essaiera de dégager des résultats au plan quantitatif et qualitatif, pour les participants.

Par la suite, elle résumera les questionnements qui se posent en termes des besoins de la clientèle et des développements à envisager pour la poursuite de l’intervention dans ce domaine à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal. 

Les jeunes adultes souffrant de troubles mentaux au cœur de la psychiatrie légale: expertise et traitement spécialisé.

  • Marion Lepage, psychologue, chef du Service de psychologie, Institut Philippe-Pinel de Montréal

La signature de l’entrée dans la maladie mentale se révèle parfois au début de l’âge adulte par un acte de violence aux conséquences regrettables. Dès lors, au cœur du processus psycholégal qui s’ensuit et des questions légales qui s’imposent, est-il tout aussi important d’effectuer une évaluation clinique approfondie du patient afin d’établir le diagnostic, les pistes de traitement et d’évaluer le risque de récidive de violence.

L’Institut Philippe-Pinel de Montréal (IPPM) est un hôpital psychiatrique universitaire, sécuritaire, de psychiatrie légale. Partenaire indispensable de 3e ligne du réseau de la santé, il se spécialise dans la violence associée aux troubles mentaux graves (schizophrénie, trouble schizo-affectif, trouble délirant, trouble bipolaire, etc.), aux troubles sévères de la personnalité (borderline, narcissique, antisocial, psychopathie, etc.), et à la délinquance sexuelle. La comorbidité est habituelle (toxicomanie, troubles neuropsychologiques, etc.). Plusieurs patients ont commis des gestes de violence judiciarisés. L’IPPM effectue également des expertises psycholégales s’adressant aux délinquants dangereux et aux délinquants à contrôler. Même si l’IPPM n’offre pas de soins psychiatriques spécialisés strictement réservés aux jeunes adultes, ceux-ci tout comme les autres patients, bénéficient d’une gamme de soins multidisciplinaires spécialisés autant au niveau de l’expertise que du traitement et ce, autant à l’interne qu’aux services externes (programmes d’expertise, de réadaptation et de traitement, programme spécialisé de traitement pour les auteurs de délits intrafamiliaux, programmes pour patients provenant du Service correctionnel canadien – délinquants sexuels, femmes borderline). Les patients bénéficient aussi d’autres modalités thérapeutiques actuellement en développement (traitement de la toxicomanie, des troubles cognitifs). Les jeunes adultes constituent une partie de la clientèle à laquelle il faut s’attarder afin de prévenir les rechutes d’où l’importance, dès le départ, de soins spécialisés et de l’encadrement légal approprié. De plus, comme les troubles de santé mentale peuvent apparaître dès l’adolescence, l’IPPM offre des services spécialisés aux adolescents de 12-18 ans (trouble des conduites, TDAH, impulsivité, agressivité, toxicomanie, etc.) autant à l’interne qu’aux services externes via la nouvelle Clinique réseau jeunesse et la Clinique des adolescents abuseurs sexuels. Au terme de cette présentation, le participant aura une meilleure connaissance de l’ensemble des services spécialisés d’expertise et de traitement s’adressant aux jeunes adultes et aux adolescents de même que des autres services ambulatoires de consultation psychiatrique disponibles au réseau.

L'ordonnance de traitement : to do or not to do?

  • Luc Nicole, chef médical du programme des troubles psychotiques,  Hôpital Louis-H. Lafontaine
  • Bénédicte Nicole
  • Christian Desmarais
  • Kate Villeneuve, Hôpital Louis-H. Lafontaine
  • Marie Boivin, Hôpital Louis-H. Lafontaine

Le processus décisionnel menant à l'obtention d'une ordonnance de traitement pour un patient donné est souvent empreint d'ambivalence, tant pour les cliniciens que pour les proches. Afin de faciliter ce processus, le programme des troubles psychotiques et les affaires juridiques de l'Hôpital Louis H.-Lafontaine ont collaboré au cours de l'été 2011 à la réalisation d'une enquête.

S'appuyant sur des données cumulées au cours des 5 dernières années, notre démarche visait d’abord à quantifier différents aspects entourant l'ordonnance de traitement. Au nombre de ces données seront, entre autres, présentées : le nombre de requêtes en autorisation des soins présentées et accordées annuellement pour les cinq dernières , le délai entre le premier contact avec les services psychiatriques et le jugement rendu par la cour supérieure, le nombre moyen de jours d'hospitalisation et de consultations à l'urgence avant et après l'émission de l'ordonnance.

Pour compléter ce tableau quantitatif notre enquête a également tenté de qualifier pour un groupe restreint, la perception des personnes atteintes ayant fait l'objet d'une ordonnance de traitement, celle de leurs proches et des intervenants qui sont impliqués.

L’ensemble de ces données fera l’objet d’une synthèse et jettera les bases d’une discussion des aspects cliniques, juridiques et éthiques entourant l’ordonnance de traitement.  

Bloc 8 - Troubles du développement

Premier diagnostic de TED chez les jeunes adultes: dépistage et évaluation

  • Sophie Lajeunessse, psychoéducatrice, Hôpital Rivière-des-Prairies
  • Stéphanie Caillé, neuropsychologue, Hôpital Rivière-des-Prairies
  • Laurent Mottron, psychiatre, Hôpital Rivière-des-Prairies

Le dépistage efficace des signes du trouble envahissant du développement (TED) dans la population des jeunes adultes sans limite intellectuelle représente un défi pour les intervenants en psychiatrie de première et de deuxième ligne. Il en va de même pour l’évaluation diagnostique ciblée, et ce, même lorsqu’elle est effectuée par des équipes spécialisées en TED. En effet, les jeunes adultes pour lesquels un TED est suspecté à cet âge tardif présentent souvent une histoire psychiatrique chargée, avec l’émission de multiples diagnostics et l’occurrence de difficultés comportementales.

À partir de la présentation clinique de deux jeunes adultes évalués récemment à la Clinique spécialisée d’évaluation diagnostique TED de l’Hôpital Rivière-des-Prairies (HRDP) pour un premier diagnostic de TED, une présentation des signes probants et non probants de la présence d’un TED dans cette population sera effectuée. La connaissance de ces signes par les intervenants de 1ère et de 2ième ligne psychiatrique permettra des références plus efficaces et appropriées en évaluation diagnostique spécialisée de 3ième ligne. De plus, ces vignettes cliniques permettront de présenter le processus d’évaluation diagnostique multidisciplinaire ciblée privilégié à l’HRDP, ainsi que l’utilisation des profils cognitifs et langagiers afin de raffiner l’évaluation et l’élaboration de recommandations adaptatives justes et pertinentes.

Dans une perspective plus large, nous projetons d’explorer les différences hommes-femmes dans cette population quant aux manifestations spécifiques du TED. Par exemple, nos observations cliniques actuelles nous permettent d’émettre l’hypothèse que la nature des intérêts particuliers des jeunes hommes et des jeunes femmes présentant un TED diffère. Il en va de même pour la lourdeur de l’histoire psychiatrique antérieure et les diagnostics différentiels évoqués au cours du processus d’évaluation. 

Le déficit intellectuel sans déficience intellectuelle : exposé des conclusions d’une thèse de doctorat sur les troubles confondants de la déficience intellectuelle chez l’adulte.

  • Anick Brisson, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec

Au quotidien, notre travail consiste à confirmer ou infirmer la présence de déficience intellectuelle (DI) chez, majoritairement, des jeunes adultes. Nous sommes toujours surpris de constater qu’une grande partie de ce travail réside dans le retrait du diagnostic de déficience intellectuelle.

Cet exposé présente les troubles confondants à une déficience intellectuelle, comme le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) (Carr, O’Reilly, Walsh et McEvoy, 2007) et propose une méthode évaluative de la DI dans un contexte de comorbidité psychiatrique chez l’adulte. Notre méthode distingue, 1) l’évaluation de la DI selon les pratiques reconnues (American Association on Intellectual and Developmental Disabilities, AAIDD, 2010 et American Psychiatric Association, APA, 2011*), et 2) l’évaluation des troubles confondants de la DI à l’aide de tests neuropsychologiques classiques.

Deux groupes d’adultes de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (12 avec DI, 16 sans DI ) sont évalués à dix domaines cognitifs. Pour les adultes DI, les difficultés des participants avec TDAH ne diffèrent pas des difficultés de ceux sans TDAH, l’inverse est retrouvé chez nos participants sans DI. L’évaluation diagnostique des troubles confondants de la DI adulte à l’aide de tests neuropsychologiques permet de discriminer la DI des autres troubles confondants, comme définis par Botez-Marquard et Boller (2005).

* Repéré en ligne le 5 mai 2011 à www.dsm5.org/ProposedRevision/Pages/proposedrevision.aspx 

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour traiter les symptômes anxio-dépressifs chez les jeunes adultes présentant un syndrome d’Asperger.

  • Myriam Chrétien, psychologue, Hôpital Rivière-des-Prairies
  • Caroline Simard, psychologue, Hôpital Rivière-des-Prairies

Introduction: Il est généralement reconnu dans la documentation que le syndrome d’Asperger (SA) est lié à une augmentation de la prévalence des troubles de santé mentale, et plus particulièrement des troubles anxieux et de l’humeur. Ces problématiques sont souvent exacerbées au début de l’âge adulte, et particulièrement chez les individus qui ont été diagnostiqués avec un SA tardivement et qui n’ont pas bénéficié de services adaptés à leur condition à l’âge scolaire. Il existe peu de traitements thérapeutiques qui ciblent les symptômes comorbides chez les adultes Asperger. Par ailleurs, la TCC a été adaptée et utilisée avec succès auprès d’enfants Asperger souffrant de troubles anxieux et quelques rares fois auprès d’adultes. Les premiers résultats sont encourageants mais encore peu nombreux.

But : Adapter une approche cognitivo-comportementale pour traiter les symptômes anxio-dépressifs chez un groupe d’adultes présentant un syndrome d’Asperger récemment diagnostiqué.

Méthode : 6 à 8 jeunes adultes reçoivent un traitement de groupe de 12 semaines. Une approche TCC adaptée est utilisée. Ils ont reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger à l’âge adulte par une équipe interdisciplinaire reconnue. Les symptômes anxio-dépressifs sont évalués avant le début du traitement par le « Structured Clinical Interview for DSM-IV Axis I Disorders (SCID). Des mesures sont prises au début, à la fin et 6 mois après le traitement pour documenter les changements sur les symptômes comorbides.

Résultats et discussion : Les résultats des mesures de changement seront présentés. Des résultats qualitatifs seront aussi présentés. Les adaptations au traitement TCC seront décrites. Une discussion sera faite sur les composantes du traitement qui semblent les plus utiles et les plus appréciées, ainsi que sur les effets du traitement sur la réduction des symptômes comorbides." 

ANNULÉ - Bloc 9 - Transition vers autres services

ANNULÉ - La situation des jeunes ayant des problèmes de santé mentale et résidant en maison d’hébergement jeunesse autonome de type communautaire (Auberges du Cœur) : trajectoires des jeunes et configurations des services psychosociaux et médicaux

Pour des raisons exceptionnelles cette partie du Bloc 9 est annulée.

  • Bernadette Dallaire, École de Service social, Université Laval 
  • Pierre Gromaire, professionnel de recherche, GRIOSE-SM,  Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale et Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Michael McCubbin, chercheur retraité
  • Lucie Gélineau, chercheure

But : Notre recherche vise à examiner, à partir du point de vue de différents acteurs, les configurations actuelles des services psychosociaux et médicaux et leur influence sur les trajectoires de vie des jeunes (12-17 ans, 18-30 ans) qui présentent des problématiques multiples et résident en maison d’hébergement jeunesse autonome de type communautaire (Auberges du Cœur de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches).

Méthode et analyse : 

Méthodes qualitatives :

  1. 33 entrevues semi-dirigées avec des jeunes, des parents et des intervenants psychosociaux et médicaux;
  2. 4 groupes de discussion impliquant des jeunes et des intervenants. Les collectes ont eu lieu en 2010-2011.

Le matériel a été soumis à une analyse de contenus thématique soutenue par le logiciel NVivo 8 et 9.

Résultats : Nos résultats mettent en lumière les dimensions suivantes : 

  1.  un portrait des jeunes vivant des situations multi-problématiques et qui utilisent les services des Auberges du cœur (profils et trajectoires de vie et de services) ;
  2.  les effets de l’offre de services sur les trajectoires de vie et d’utilisation des services par les jeunes;
  3. l’impact de la médicalisation des réponses apportées (diagnostics et prescription de psychotropes) sur ces trajectoires.

 Discussion et conclusion : Ces jeunes sont souvent désaffiliés à cause de leurs expériences de vie et des choix que leur environnement fait à leur place, mais aussi à cause des services proposés, souvent éloignés de leurs besoins immédiats et/ou sans suivi. Malgré une forte coordination au sein d’une même ressource (Auberge, CLSC, etc.), les services « ne suivent pas » dès qu’un jeune sort de cette ressource.

La réponse à cette réalité viendra de l’intervention d’une personne-pivot, située à l’articulation des différentes sphères de la vie du jeune et stabilisant par là-même ses conditions de vie.  

Déplacé à l'atelier J6 - La transition de programmes d’intervention spécialisée à d’autres services de santé mentale : délais et difficultés/Transition from specialized early intervention programs to other mental health services : Delays and difficulties

  • Srividya Iyer, Program Coordinator, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute; McGill University
  • Sherezad Abadi, Research Coordinator, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Nicole Pawliuk, Data manager and analyst, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Marie-Christine Rondeau, Research Assistant, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Ashok Malla, Director, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Professor, Department of Psychiatry; Canada Research Chair in Early Psychosis

Résumé en francais plus bas

Aim: First episode psychosis (FEP) patients treated in specialised early intervention (SEI) services have shown better outcomes in the first two years than in routine care. Most SEI services are set up for one to three years. While there is a large literature on the development of SEI services, the issue of transition from specialized early intervention programs to other services has received little attention. Our objective will be to present findings relating to transfer to regular care following two years of SEI services within the context of a randomized controlled trial (RCT) and to identify factors which facilitate or hinder effective transition.

Method : We are currently carrying out a RCT to evaluate whether a further three year extension of a two year SEI service is more effective in maintaining gains in multiple outcome domains compared to three years of regular care following two years of SEI. As part of this trial, patients are approached towards the end of two years of follow up in one of two SEI programs, PEPP at the Douglas Hospital and FEPP at the Jewish General Hospital. Those who agree to participate in the study are randomly assigned to either continue in the SEI for three more years or be transferred to regular care. The choice of regular care depends on the level of need of the patient and can include transfer to a GP, to a CLSC mental health team, to an external clinic in the same hospital etc. Data on the length of time from signing the consent to being transferred to regular care (average length and range) and the specific problems encountered in transitions to regular care will be presented.

Results: 68 and 67 clients have been randomized to the regular care and extended SEI arms, respectively. In general, transfers to regular care are long, on average 22 weeks after signing of consent (range = 0-78; median = 19 weeks).

The factors hindering effective transition have been delays in referral due to specific administrative procedures (e.g., referral to a Guichet d’ Access as an initial step); long waiting lists, refusal associated with specific diagnoses (e.g., a GP refused to follow a client with schizophrenia), difficulties due to the involvement of multiple people and levels (e.g., contrary information from the CLSC and the Guichet d’Access; availability of the mental health team but no psychiatrist for prescriptions etc.) and recent changes associated with the Plan d’ action de santé mentale (e.g., staff not trained or not aware of our program).

Conclusion : There are numerous obstacles hindering effective transition to appropriate care for patients who 'graduate' from SEI services. In addition to the increased length of transfer, these obstacles can also compromise level and continuity of care. 

Version française

But : Les patients souffrant d’un premier épisode psychotique traités par des services d’intervention précoce spécialisée (IPS) ont présenté de meilleurs résultats dans les deux premières années comparativement aux soins en communauté. La plupart des services IPS sont mis en place pour une à trois années. Bien qu'il existe une importante littérature sur le développement des services IPS, la question de la transition de programmes d'intervention précoce spécialisée à d'autres services a reçu peu d'attention.

Notre objectif sera de présenter les résultats relatifs aux transferts aux soins en communauté suite à deux années de services IPS dans le cadre d'une évaluation contrôlée aléatoirement et d'identifier les facteurs qui facilitent ou entravent une transition efficace.

Méthode et analyse : Nous menons actuellement une évaluation contrôlée aléatoirement pour évaluer si une prolongation de trois années supplémentaires d’un service IPS de deux ans est plus efficace dans le maintien des gains dans multiples domaines, comparativement à trois ans de soins en communauté après deux années d’IPS. Dans le cadre de cette évaluation, les patients sont approchés vers la fin des deux années de suivi IPS des programmes suivants : PEPP-Montréal à l'Hôpital Douglas et FEPP à l'Hôpital Général Juif. Ceux qui acceptent de participer à l'étude sont assignés au hasard à continuer soit dans le programme IPS pour trois années supplémentaires ou être transférés à des soins en communauté. Le choix des soins en communauté dépend du niveau des besoins du patient et peut inclure le transfert à un médecin généraliste, un CLSC avec équipe de santé mentale, une clinique externe dans le même hôpital, etc.

Les données sur le délai encouru entre la signature du consentement et le transfert aux soins en communauté (durée moyenne et étendue) et les problèmes spécifiques rencontrés dans les transitions vers des soins en communauté seront présentées.

Résultats : Respectivement, 68 et 67 clients ont été randomisés pour recevoir des soins en communauté et dans la prolongation des services IPS. En général, les transferts à des soins en communauté sont longs, 22 semaines en moyenne après la signature du consentement (étendue = 0 - 78; médiane = 19 semaines).

Les facteurs qui entravent la transition efficace sont des délais dans les références dus à des procédures administratives spécifiques (ex. référence à un guichet d’accès comme étape initiale); longues listes d’attente, refus liés à des diagnostics spécifiques (ex. un médecin généraliste a refusé de suivre un client souffrant de schizophrénie), difficultés dues à l'implication de plusieurs personnes et échelons (ex. informations contradictoires entre le CLSC et le Guichet d'Accès ; la disponibilité de l'équipe de santé mentale, mais non du psychiatre pour les prescriptions, etc.) et les changements récents associés avec le Plan d'action de santé mentale (ex. personnel non formé ou non familier avec notre programme).

Discussion et conclusion : Il y a de nombreux obstacles entravant une transition efficace à des soins appropriés pour les patients qui « graduent » des services IPS. En plus de l'augmentation de la durée du transfert, ces obstacles peuvent également compromettre le niveau et la continuité des soins.

ANNULÉ - Bloc 10 - Différentes approches de recherche

Le stress des minorités sexuelles et la révélation en lien avec les symptômes psychiatriques, le cortisol diurne et la charge allostatique

  • Robert Juster, Ph. D. Candidate, Integrated Program in Neuroscience, McGill University
  • Sonia Lupien, Supervisor, Centre de recherche Fernand-Seguin, Université de Montréal

Les gais, lesbiennes et bisexuels, et plus particulièrement ceux et celles n’ayant encore pas révélé leur orientation sexuelle, sont soupçonnés d’être plus enclins à vivre des situations stressantes, tant au plan social qu’au plan psychologique.

Cette étude interdisciplinaire visait à vérifier l’existence de différences significatives entre les individus appartenant à des minorités sexuelles et les individus hétérosexuels quant à leur état de santé mentale (auto-rapports sur le stress chronique, qualité du sommeil, anxiété, SSPT, dépression, épuisement professionnel), leur profil d’hormones de stress (cortisol diurne) et aux dérèglements physiologiques (charge allostatique) qui leurs sont inhérents.

Une seconde comparaison, basée sur les mêmes critères, a été effectuée entre les individus appartenant à une minorité sexuelle ayant divulgué leur orientation sexuelle et les individus appartenant à une minorité sexuelle n’ayant pas divulgué leur orientation sexuelle.

Le groupe de participants était formé de 87 montréalais en bonne santé et dont l’âge moyen était de 25 ans. Les échantillons de cortisol diurne ont été collectés cinq fois par jour, pendant deux jours. L’index de charge allostatique a été bâti selon un algorithme incluant 20 bio-marqueurs dérèglés, ceux-ci représentant les systèmes : neuroendocrinien, immunitaire, métabolique et cardiovasculaire. Des questionnaires bien validés ont été utilisés. Les résultats intergroupes ne démontrent pas de différences significatives en ce qui a trait à l’état de santé mentale ni au niveau du cortisol diurne, par fonction d’orientation sexuelle. Toutefois, les hommes hétérosexuels avaient une charge allostatique plus élevée que celle des hommes gais et bisexuels.

Les résultats intragroupes démontrent que les individus appartenant à une minorité sexuelle et n’ayant pas divulgué leur orientation sexuelle, comparativement à ceux du même groupe ayant divulgué leur orientation sexuelle, avaient une qualité de sommeil plus basse, plus de symptômes liés à l’épuisement professionnel ainsi que des niveaux de cortisol plus élevés trente minutes après leur réveil. Aussi, le fait d’avoir révélé son orientation tend à contribuer à une charge allostatique plus faible.

En somme, les individus appartenant à une minorité sexuelle ne manifestent pas plus de signes liés au stress que les hétérosexuels. Toutefois, le fait de révéler son orientation sexuelle à sa famille et à ses proches marque un point de transition important puisqu’il contribue à augmenter la résilience au stress, au sens où il est lié à un taux de cortisol diurne plus faible ainsi qu’à une charge allostatique moins élevée. Nos résultats soulignent l’apport positif de l’acceptation de soi et du fait de vivre ouvertement son orientation sexuelle quant à l’état de santé et du bien-être des individus appartenant à une minorité sexuelle.

Étude comparative entre la perception de la douleur chez soi et l’évaluation de la douleur chez autrui dans la psychose débutante.

  • Dora Linsey Canizales, étudiante 3e cycle, Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et ingétration sociale -  Université Laval 

Introduction : De nombreux cas cliniques et d’études empiriques dénotent une hyposensibilité à la douleur chez des personnes atteintes de schizophrénie

  1. De récentes avancées en neurosciences soutiennent que la perception de la douleur chez soi et l’observation de la douleur d’autrui sollicitent des processus neurocognitifs communs
  2. Récemment, une étude a révélé que des patients atteints de schizophrénie évaluaient moins fortement l’intensité de la douleur observée chez autrui qu’un groupe contrôle. D’autres chercheurs n’ont toutefois noté aucune différence à ce niveau chez leur groupe de patients, bien que ceux-ci montraient une sensibilité plus élevée à leur propre douleur
  3. Ces résultats divergents suggèrent que la perception de la douleur chez soi et autrui dans la schizophrénie reposent également sur des processus indépendants.

But : Cette étude originale avait pour objectif d’examiner la sensibilité à sa douleur et l’évaluation de la douleur d’autrui auprès de personnes ayant une psychose débutante, en comparaison à un groupe contrôle.

Méthode : 20 personnes avec une psychose débutante stabilisée (19 hommes, 26.7 ± 6.5 ans) et 20 personnes en bonne santé (18 hommes, 27.9 ± 5.5 ans) appariées sur l’âge, le genre et le niveau d’éducation ont pris part à l’étude. La perception de la douleur chez soi était mesurée à l’aide de tests évaluant les seuils de détection de différentes stimulations douloureuses (chaud, froid, piqûre(s) simple/répétées et pression). Pour évaluer la perception de la douleur d’autrui, les participants devaient juger l’intensité de la douleur observée dans des images dynamiques montrant de la douleur ou non.

Résultats : Les seuils de sensibilité au froid douloureux et aux piqûres répétitives étaient significativement moins élevés chez le groupe de patients que chez le groupe contrôle. Aucune différence significative n’a été constatée quant à l’évaluation de la douleur d’autrui.

Discussion : D’une part, les résultats révèlent que les personnes ayant une psychose débutante ont une plus grande sensibilité à leur douleur que le groupe contrôle, contredisant ainsi l’hypothèse de l’hyposensibilité à la douleur suggérée dans la littérature. D’autre part, les résultats démontrent que sa propre expérience de la douleur n’affecte pas l’évaluation de la douleur d’autrui indiquant que ces deux phénomènes s’appuient sur des processus complexes, en partie, indépendants.

Conclusion : Ces résultats soulignent la pertinence de mettre en place des soins médicaux et psychosociaux adaptés pour cette population qui tiennent compte de cette sensibilité accrue à la douleur. 

Des poupées russes dans la tête; un autre regard sur le mécanisme d’action des médicaments.

  • Jean-Martin Beaulieu, chercheur, Centre de recherche, Institut universitaire en santé mentale de Québec 

Les fonctions du cerveau qui nous permettent de penser, ressentir et agir sont le résultat d’un échange d’information entre des millions de neurones connectées en réseaux. Cet échange est médié par des neurotransmetteurs qui agissent sur des récepteurs. Cependant les récepteurs modulent eux mêmes des molécules de signalisation à l’intérieur des neurones. Ces molécules forment aussi des réseaux dans chaque neurone. Donc, au delà d’un réseau de neurones le cerveau peut aussi être conceptualisé comme un emboitement de réseaux, organisé un peu comme une poupée russe.

Nous présentons des résultats sur l’implication de ces réseaux de molécules de signalisation dans l’action de médicaments psychiatriques tel que le lithium. Ces résultats ont été obtenus à l’aide d’études biochimiques et comportementales chez des animaux transgéniques.

Ce type d’approche expérimentale permet d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques qui pourraient mener à une meilleure compréhension des interactions entre médicaments, ainsi qu’au développement de nouvelles approches thérapeutiques pour soigner les troubles mentaux chez les adolescents. 

Ateliers J / 15h45 à 17h15

Vous devez choisir l'un des 10 ateliers

J1 - Le Programme de transition Paul-Pau, à Hôpital Louis-H. Lafontaine pour les jeunes de 16 à 20 ans ayant un problème de santé mentale et provenant du Centre Jeunesse de Montréal–Institut universitaire

  •  Jocelyn Bisson, conseiller clinique en réadaptation, recherche, évaluation, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Marc-André Chatigny, spécialiste en réadaptation psychosociale, Centre jeunesse de Montréal 
  • Mathieu Hamel, responsable d’unité de vie, Hôpital Louis-H. Lafontaine 
  • Yves Leblanc, agent de recherche, Centre de recherche Fernand-Seguin 

Le Programme de transition pour les jeunes de 16-20 ans (P16-20), développé en partenariat entre HLHL, le CJM-IU et l'Hôpital Rivière-des-Prairies, vise à fournir aux jeunes du CJM–IU ayant des problèmes de santé mentale un lieu d'hébergement et une programmation adaptés pour favoriser leur passage à la vie adulte.

Le programme comprend une ressource d'hébergement de groupe (la résidence Paul-Pau), une programmation clinique orientée vers la responsabilisation et le développement de l'autonomie, des services de réadaptation vocation¬nelle et d'insertion sociale ainsi que des mécanismes pour faciliter le transfert du dossier médical vers le réseau de la psychiatrie adulte.

Le projet d'évaluation, échelonné sur 3 ans, comprend trois volets : clinique, programmatique et organisationnel. Le volet clinique documente l'évolution des jeunes au plan bio-psycho-social durant et après leur séjour à Paul-Pau et la contribution à cet égard des différents éléments du programme. Le volet programmatique documente la mise en œuvre et les adaptations survenues dans la programmation clinique, la prestation et l'organisation des services. Le volet organisationnel documente la collaboration entre les trois partenaires organisationnels du projet et certains enjeux dont celui du transfert du dossier médical au réseau de la psychiatrie adulte.

La méthode est celle de l'étude de cas fondée, dans le cas du volet clinique, sur un devis mixte (qualitatif et quantitatif) longitudinal et la constitution d'histoire de cas pour chaque jeune. Les volets programmatique et organisationnel reposent sur l'analyse qualitative d'entrevues auprès des acteurs clés et l'analyse de documents (textes officiels, ententes, comptes-rendus de comités).

 Les résultats témoignent de la pertinence d'une telle ressource pour faciliter la transition des jeunes visés et des enjeux que cela pose dans l'organisation des services.

La présentation comprendra 4 parties : 

  1. le contexte du projet
  2. la programmation clinique
  3. les résultats de l'évaluation
  4. les enjeux cliniques et organisationnels. 

J2 - Troubles alimentaires complexes à l'adolescence : Protocoles actuels et défis futurs

  • Jean-François Bélair,  psychiatre, Institut universitaire en santé mentale Douglas 
  • Marie-Josée Ouellet, psychologue, Institut universitaire en santé mentale Douglas 
  • Danielle Gauthier, travailleuse sociale, Institut universitaire en santé mentale Douglas 
  • Caroline Drolet, infirmière, Institut universitaire en santé mentale Douglas 
  • Mélanie Tardif, nutritionniste, Institut universitaire en santé mentale Douglas 

Les troubles alimentaires apparaissent typiquement à l’adolescence et sont fréquents et coûteux à plusieurs niveaux. Notamment, ils entraînent des problèmes de santé physique sévères, voire parfois irréversibles (tel problèmes cardiaques, perte de densité osseuse, arrêt de croissance, aménorrhée) ou mortels, en plus d’un envahissement important de la pensée associé à des problèmes interpersonnels et à des comportements alimentaires problématiques. Ils sont également la cause d’hospitalisations fréquentes et prolongées dans les unités pédiatriques et psychiatriques.

Cet atelier explicitera les protocoles de soins développés et récemment mis à jour aux unités pour adolescents de l’Institut Douglas auprès de jeunes souffrant de troubles alimentaires ayant été réfractaires à un premier traitement.

L’atelier permettra d’élaborer premièrement les différentes phases et composantes des traitements proposés selon l’évolution des jeunes et de leurs familles. Seront décrits la milieu-thérapie, l’intervention familiale, la thérapie individuelle, le counseling nutritionnel et la pharmacologie.

Dans un second volet, le traitement moins intensif en hôpital de jour, qui couvre entre autre l’aspect préparation des repas par les jeunes et thérapie de groupe traitant l’image corporelle et la nutrition, sera discuté. Enfin, un survol du traitement offert en externe dans la phase de généralisation des acquis sera effectué.

Dans un deuxième temps, l’équipe compte susciter un échange ayant trait aux défis à relever auprès de cette clientèle très souffrante, souvent non-volontaire, et à risque de voir sa vie adulte hypothéquée de façon significative.

La discussion couvrira les questions de partage de connaissances avec les réseaux scolaires et de soins et les protocoles de soins à développer pour répondre aux besoins des préadolescent(e)s. Enfin, nous explorerons des avenues de recherche. 

J3 - Programme Mieux-Être « Wellness » : 5 ans d’innovations et de résultats

  • Christian Shriqui, psychiatre, Centre hospitalier universitaire de Québec - Centre hospitalier Université Laval 
  • Sophie Bonneville, agente de programme au programme Mieux-Être « Wellness », Centre hospitalier universitaire de Québec - Centre hospitalier Université Laval 
  • Manon Houde, technicienne en nutrition, Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale 
  • Stéphane Drolet, éducateur spécialisé, Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale 
  • Karine Desharnais, pharmacienne, Centre hospitalier universitaire de Québec - Centre hospitalier Université Laval 

 Depuis 2006, le programme Mieux-Être « Wellness » est un programme régional, novateur, d’approche holistique, interdisciplinaire, de groupe et de suivi individuel offert gratuitement aux personnes adultes de la région de Québec présentant une problématique en santé mentale. Ce programme vise l’amélioration de la santé globale (physique et mentale), la qualité de vie et l’adhésion au traitement des clientèles psychiatriques. Il contribue aussi au rétablissement de celles-ci et favorise « l’empowerment » (appropriation du pouvoir).

L’atelier vise à présenter l’évolution du programme depuis ses débuts : ses activités incluses dans le volet intensif de trois mois et de suivi aux trois mois subséquents pendant la première année, ses activités optionnelles (ateliers de Qi Gong, d’expression d’art créatifs [collaboration avec Le Verger], de MBSR [réduction du stress basée sur la pleine conscience - « Mindfulness »], ainsi que les résultats du volet évaluatif naturaliste du programme obtenus auprès de quelques 200 participants.

Différents intervenants oeuvrant au sein du programme viendront présenter leur rôle et leur expérience en lien avec les ateliers qu’ils animent (ateliers culinaires et visites en épicerie, séances d’activité physique, ateliers psychoéducatifs sur la santé métabolique et la médication psychotrope, rencontres motivationnelles et rencontres de suivi individuel et de groupe).

Les derniers résultats statistiquement et cliniquement significatifs du programme seront présentés. Ces résultats sont issus des rencontres de suivi individuel avec les participants (aux trois mois la première année, puis annuellement) durant lesquelles des données métaboliques et anthropométriques telles que le poids, le tour de taille, la tension artérielle, l’IMC, l’âge cardiovasculaire, le bilan lipidique, la glycémie à jeun, l’hémoglobine glycosylée et des données cliniques portant notamment sur la qualité de vie, la symptomatologie psychiatrique, la sédentarité, le tabagisme et l’adhésion au traitement sont recueillies.

Les résultats obtenus par des analyses de variance à mesures répétées permettent aux participants d’apprécier des changements survenant en cours de participation au programme et confirment l’efficacité et la validité d’un tel programme pour les clientèles psychiatriques. 

J4 - Un programme des services intégrés pour les jeunes : concepts et enjeux

  • Amparo Garcia, directrice clinico-administrative Activités cliniques, transfert des connaissances et enseignement, Institut universitaire en santé mentale Douglas 
  • Ridha Joober, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale Douglas 

L’incidence des maladies mentales chez les jeunes est la plus élevée de tous les groupes d’âge. Le coût de la maladie mentale chez les jeunes, leurs familles ainsi que pour la société est bien documenté.

La transition entre les services pour les enfants-adolescents et les services pour les adultes est de plus en plus reconnue comme étant un chaînon manquant qui a comme conséquences d'augmenter les risques de chronicité et de réduire les chances de rétablissement.

Cet atelier a pour objet d’explorer une réorganisation des services pour les jeunes âgés entre 12-14 et 25. Les trois thèmes abordés par les présentateurs sont : 

  1. le cadre conceptuel et le rationel à la base d'une telle réorganisation par le biais d'une analyse des évidences existantes dans la littérature et de la description des services déjà en place ailleurs dans le monde 
  2. l'état actuel des services pour les jeunes dans un CSSS de la région de Montréal (à déterminer) 
  3. un modèle mettant de l'avant une nouvelle organisation des services pour les jeunes âgés entre 12-14 et 25 ans. 

J5 - Mentorat autour des ateliers Les choix du DJ.

  • Marie-France Demers, pharmacienne, Institut universitaire en santé mentale de Québec 
  • Julie Bourbeau, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec 

Les psychologues et les pharmaciennes de la Clinique Notre-Dame des Victoires de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec ont développé Les choix du DJ, un matériel psychoéducatif interactif pour l’animation de quatre ateliers portant sur les enjeux que peuvent représenter la prise d’une médication psychotrope chez des personnes atteintes de psychose.

Chaque coffret, destiné aux intervenants de soins pour les soutenir dans leur tâche d’enseignement et de soutien auprès de leur clientèle, inclut la présentation (diapositives), les vidéos pour la présentation des ateliers au groupe ainsi que le boudiné plastifié que les intervenants peuvent présenter à leur patient en individuel.

Le coffret contient donc quatre chapitres, pour chacune des séances, chacun incluant DVD et documents écrits, selon les thèmes suivants. 

  1. Fais le bon mix : les rôles et impacts de la médication.
  2. Trouve ton rythme : les effets indésirables des psychotropes.
  3. Explore les pistes : les enjeux autour de l’observance.
  4. Garde le tempo : l’intégration d’un plan d’action individualisé quant à la prise de la médication.

Nous proposons, à l’occasion de ce forum, la revue détaillée de ce matériel pour l’animation de groupes, avec des mises en situation, afin que les participants s’approprient les notions psychoéducatives et les techniques d’animation inspirées de la thérapie cognitivo-comportementale et de l’approche motivationnelle.

Le DJ, le maître d’œuvre, le chef d’orchestre contemporain, dynamique, moderne, celui qui dirige la musique, y confère toutes les nuances, le mouvement et le beat. Le DJ de l’équipe de soins, celui qui préside aux choix à quérir pour un rétablissement : les choix de s’informer, d’en parler, de chercher à comprendre, de s’investir, de se positionner, de composer autrement et de concevoir une trame musicale pleine de mouvements. Le DJ, le virtuose moderne de son projet de vie. 

J6 - Early intervention for youth with psychosis: Is there room for innovation? Intervention précoce chez les jeunes présentant des troubles psychotiques : Place à l’innovation? (anglais seulement)

  • Srividya Iyer, Program Coordinator, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute; McGill University
  • Sherezad Abadi, Research Coordinator, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Heleen Loohuis, Research Assistant, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Aldanie Rho, Research Assistant, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute
  • Ashok Malla, Director, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses; Professor, Department of Psychiatry; Canada Research Chair in Early Psychosis, Prevention and Early Intervention Program for Psychoses, Douglas Mental Health University Insitute; McGill University

Résumé en français plus bas

Aim: Our aim is to present three approaches implemented by an early intervention program in psychosis in Montreal, Quebec that highlight the need for and utility of innovative and non-traditional interventions, particularly in programs targeting youth. There will be three presentations on (i) the impact of an outreach intervention targeting potential sources of referral on improving access and reducing delay in referral to our specialized early intervention program; (ii) integrated case management; and (iii) non-traditional treatment approaches that facilitate community reintegration and “normalization”, namely, partnership between our first-episode program and the YMCA of Montreal and a community garden initiative.

Method: (i) A case identification intervention was implemented to reduce delay in treatment for a first episode of psychosis (FEP). Specifically, all primary healthcare and educational settings in the catchment area served by Prevention and Early intervention Program for Psychoses-Montreal (PEPP) were offered on-site academic detailing, including a demonstration of FEP through two brief films, benefits of early treatment, and the referral process. The number and proportion of referrals from different services and duration of untreated psychosis (DUP) in the post-intervention phase were compared with that in a historical control (pre-intervention) phase. (ii) Modified assertive case management is backbone of most specialized early intervention programs, including PEPP. Presentation will focus on its philosophy; its implementation (case load; qualifications of case managers etc), prevention of disengagement and pertinent challenges (e.g., tendency to sometimes over-rely on clinic visits as opposed to community visits). (iii) With the larger aim of promoting a healthy lifestyle and personal recovery among our clients in a normalized community context, PEPP initiated a partnership with YMCA Pointe St. Charles and Notre Dame-de-Grace. Some highlights of this partnership involve a reduced rate for annual membership; free trainer services; free membership for an accompanying PEPP staff member; and close communication between the two teams. PEPP requested and was recently granted a community garden spot by the Horticultural Society of Verdun. Staff and patients work together several times in the community garden. Presentation will focus on the rationale behind such interventions; their implementation and details of collaborating with community partners; and a preliminary outcomes evaluation.

Results: (i) 9 CLSCs, 8 hospitals, 7 schools and college counselling services, and 4 other services (e.g, church group) received the case detection intervention. There was no significant difference in DUP between the historical control and the post-intervention groups (medians were 19.4 and 17.3 weeks, respectively; t = -0.86; p>.05). However, the overall number of referrals from hospitals (198 vs. 107), schools (16 vs. 5) and CLSCs (18 vs. 7) increased significantly following the intervention. (ii) At PEPP, there are 8 case managers (case load of 20-25 patients) with varying educational backgrounds. Data on therapeutic alliance with case managers; percentage of community visits etc will be provided. (iii) At this time, 11 clients are enrolled in the YMCA initiative, and 7 clients and 5 staff participate in our community garden.

Conclusion: There is a need for innovation and “community” interventions so that services for youth in general and specialized early intervention programs in particular can truly be recovery-oriented.

 

But : Notre objectif est de vous présenter 3 approches mises en œuvre par un programme d’intervention précoce pour les troubles psychotiques à Montréal, Québec; qui soulignent entre autres la nécessité et l’utilité des interventions novatrices et non traditionnelles, particulièrement dans les programmes ciblant les jeunes. 3 présentations se tiendront sur : 1) l’impact d’une intervention de sensibilisation ciblant les sources potentielles de référence afin d’améliorer l’accès aux services et réduire les délais d’attente à notre programme spécialisé d’intervention précoce; 2) la gestion de cas de manière intégrée; et 3) les approches thérapeutiques non traditionnelles qui facilitent la réinsertion sociale et en quelque sorte, «la normalisation», à partir de partenariats établis entre PEPP-Montréal et le YMCA de Montréal ainsi qu’une initiative de jardin communautaire.

Méthode : 1. La plupart des établissements de soins primaires et les institutions d’enseignement se trouvant dans la zone d’intervention de PEPP-Montréal ont reçu une mise à jour de leurs connaissances en matière de premiers épisodes psychotiques avec la présentation de 2 courts métrages sur le sujet, les bénéfices et avantages du traitement précoce ainsi que les procédures de référence. Le nombre et la proportion des références en provenance des différents services et la durée de psychose non traitée dans la phase post-intervention ont été comparés à celle d'un groupe témoin durant la phase de pré-intervention. 2. Un modèle de gestion de cas personnalisé et dynamique constitue l’épine dorsale des programmes spécialisés d'intervention précoce, y compris à PEPP-Montréal. Notre présentation mettra l'accent sur la philosophie de ce modèle d’intervention, sa mise en œuvre (nombre de cas, les qualifications des gestionnaires de cas, etc), la prévention de désengagement des services ainsi que les défis pertinents (par exemple, tendance à surestimer les visites médicales par rapport aux visites communautaires). 3. Avec une vision plus large de contribuer à la promotion d’un mode de vie sain et le rétablissement de nos clients dans un contexte communautaire normalisé, PEPP-Montréal a initié un partenariat avec le YMCA de Pointe Saint-Charles et de Notre-Dame-de-Grâces. PEPP-Montréal a obtenu récemment un lot d’un jardin communautaire auprès de la Société d’Horticulture de Verdun. Le personnel de PEPP-Montréal et les patients y travaillent ensemble sur une base régulière. Notre présentation portera sur la justification de telles interventions, leur mise en oeuvre et les détails de la collaboration avec des partenaires communautaires, et une évaluation préliminaire des résultats.

Résultats : 1. Il n'y a pas de différence significative dans la durée de psychose non traitée (DPNT) entre le groupe contrôle et le groupe post-intervention (médianes ont été 19.4 et 17.3 semaines, respectivement; t = -0,86, p> 0,05). Toutefois, le nombre total de références des hôpitaux (198 vs 107), écoles (16 vs 5) et les CLSC (18 vs 7) a augmenté significativement suite à l'intervention. 2. A PEPP-Montréal, notre équipe comprend 8 gestionnaires de cas (charge de travail de 20-25 patients) de formations disciplinaires variées. Les données sur l'alliance thérapeutique avec les gestionnaires de cas, le pourcentage des visites communautaires, etc seront fournis. 3. A ce jour, 11 (onze) clients sont inscrits au YMCA, et 7 clients et 5 membres du personnel prennent part aux activités du jardin communautaire.

Conclusion : Il y a un besoin d’innovation et de mise en œuvre d’interventions communautaires afin que les services offerts aux jeunes en général et particulièrement les programmes spécialisés d’intervention précoce puissent être véritablement axés sur le rétablissement.

J7 - La santé mentale durant la grossesse et le postpartum

  • Geneviève Sauvageau, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Marie-Josée Poulin, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Maxime Boucher, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Julie Roy, interne en psychologie, Institut universitaire en santé mentale de Québec

L'atelier proposé vise à sensibiliser et à informer les professionnels sur les problématiques en santé mentale durant la grossesse et le postpartum. Il permettra de plus de fournir une orientation quant à la spécificité du traitement durant cette période de la vie. Nous nous proposons d'aborder ce thème selon quatre capsules, d'une durée respective de 15-20 minutes chacune.

Capsule 1 : relevés d'incidence, particularités psycho-bio-sociales liées à la grossesse et au postpartum, principaux troubles mentaux, facteurs de risque, prévention et particularités de l'intervention.

Capsule 2 : l'anxiété périnatale.

Capsule 3 : médication et périnatalité.

Capsule 4 : présentation des services offerts au sein du programme de psychiatrie périnatale et avenues de développement. En cours d'atelier, des histoires de cas pourront être présentées et discutées.

J8 - Le TDAH : Tout un défi pour nos jeunes adultes

  • Annick Vincent, psychiatre, Clinique FOCUS, Centre médical l'Hêtrière

L'atelier présenté par Dr Annick Vincent va réviser ce que l'on connait du TDAH en focussant principalement sur les défis en lien avec la période « jeune adulte ».

Seront abordées les approches diagnostiques et thérapeutiques, incluant la pharmacothérapie mais aussi les stratégies d'adaptations que l'on peut proposer à nos jeunes.

Les problématiques telles les difficultés scolaires, la conduite automobile et la consommation de substances illicites seront au menu.

Les participants seront invités à participer activement à la discussion. Dans ce contexte, la formation sera offerte selon un format petit groupe, maximum 15 participants.

J9 - Le trouble de la personnalité chez les jeunes : Constats sur les enjeux diagnostiques et cliniques

  • Évens Villeneuve, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Claudia Savard, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Johanne Maranda, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Dominick Gamache, psychologue, Institut universitaire en santé mentale de Québec
  • Christian Jacques, infirmier clinicien, Institut universitaire en santé mentale de Québec

À l’instar de plusieurs milieux psychiatriques, communautaires et scolaires de la région de Québec où une augmentation des consultations pour jeunes adultes est observée, les références vers le programme des troubles sévères de personnalité (TSP) de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec augmentent considérablement.

L’équipe interprofessionnelle du programme-clientèle TSP (service de 3e ligne) spécialisée dans l’évaluation et le traitement des TSP œuvre à mettre en place les meilleures pratiques qui tiennent compte notamment des réalités et particularités de clientèles spécifiques.

L’objectif de l’atelier est de présenter un profil clinique de la jeune clientèle qui a recours à nos services en mettant l’accent sur des dimensions telles que la sévérité des symptômes, la traitabilité et l’adhérence au traitement. Ces variables sont discutées sous l’angle de trois volets de service du programme-clientèle :

      
  1. le service de traitement intensif de l’Hôpital de jour qui accueille une clientèle en crise
  2.   
  3. le volet de l’évaluation et de l’admission au programme de psychothérapie long terme
  4.   
  5. un nouveau volet récemment développé pour une partie de la jeune clientèle présentant une symptomatologie particulièrement sévère ainsi qu’une instabilité importante.
  6.  

Enfin, une discussion synthèse sur les différents enjeux abordés ainsi que sur les perspectives futures conclut la présentation.

J10 - La santé mentale des jeunes adultes vivant en contexte de vulnérabilité : Comment inclure l’action en amont dans un continuum de services?

  • Julie Denoncourt, conseillère scientifique, Institut national de santé publique du Québec 
  • Frédéric Doutrelepont, adjoint à la direction au soutien et au développement des pratiques professionnelles et des soins infirmiers, CSSS Sud-Ouest-Verdun
  • Patrick Poulin, chef d'administration du programme de santé mentale CSSS Baie-des-Chaleurs

Les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans rapportent le plus haut taux de détresse psychologique dans la population et constituent la tranche d’âge la plus susceptible de développer un trouble mental. L’environnement dans lequel ces derniers évoluent influence leur adaptation à l’âge adulte. Les experts s’entendent sur l’importance d’intervenir de façon précoce auprès des jeunes qui vivent en contexte de vulnérabilité. Dans la foulée des travaux de l’avis scientifique sur les interventions efficaces en promotion de la santé mentale et en prévention des troubles mentaux (INSPQ, 2008), la Direction de la santé publique du MSSS reconnait l’urgence d’accroître les connaissances liées aux interventions efficaces chez les jeunes adultes.

L’atelier vise à outiller les intervenants et chefs de programmes des CSSS dans leurs actions promotrices et préventives et leur responsabilité populationnelle auprès des jeunes adultes. Pour ce faire, trois présentations sont proposées. La première aura pour but d’exposer les résultats des travaux en cours menés par une équipe de l’INSPQ portant sur les interventions prometteuses de promotion et prévention des troubles mentaux chez les jeunes adultes.

Les deux autres présentations offriront quant à elles des exemples concrets d’initiatives novatrices mises en œuvre au Québec. Patrick Poulin (CSSS Baie-des-Chaleurs), exposera les défis et les réalisations d’un projet de mobilisation régionale visant à rejoindre les jeunes adultes vivant en contexte de vulnérabilité. Frédéric Doutrelepont (CSSS Sud-Ouest-Verdun), fera valoir l’importance d’adapter les pratiques d’interventions pour rejoindre les jeunes adultes. Ses propos seront étayés par la mise en place d’un modèle d’intervention adapté à une clientèle de jeunes marginaux et de jeunes de la rue.

De façon générale, l’atelier servira de lieux d’échanges sur les moyens à mettre en place pour agir en amont et contribuer significativement à la promotion de la santé mentale et la préventions des troubles mentaux chez les jeunes adultes.

Session d’affichage / 17 h 15 à 18 h 30

 Session d’affichage avec cocktail et lancement d’un volume (Faubourg St-Jean)

Soirée / 19 h

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